Les erreurs de marchand de biens peuvent coûter très cher.
Je l’ai vu de mes propres yeux en 2025, lorsqu’un client a perdu 42 000 € sur une opération pourtant bien engagée…
Un projet de marchand de biens… qui vire au cauchemar
L’année aurait pu être remplie de belles réussites.
Des clients en accompagnement sur des opérations traditionnelles ou en VIR.
Des projets solides, bien pensés, bien avancés.
Des opérations bouclées avec des marges encourageantes.
Mais un dossier m’a particulièrement marqué.
Les apparences étaient trompeuses
Sur le papier, tout allait bien.
Un projet bien structuré, taillé pour une opération en VIR.
Plus de 37 000 € investis dans la préparation du dossier.
Et plus de 60 % du chiffre d’affaires précommercialisé.
Sur le terrain, l’opération avait du potentiel.
Mais derrière cette façade prometteuse, un mal insidieux s’installait : le manque de rigueur.
Et en immobilier, ce n’est jamais le hasard qui fait tomber un projet.
Des signaux faibles ignorés
Dès le départ, les retards se sont accumulés.
Des relances non traitées. Des étapes repoussées.
Un dossier bancaire déposé trop tardivement.
Une autorisation d’urbanisme déposée en retard, et toujours pas purgée des recours.
J’alertais. Je relançais. J’insistais.
Mais quand un client ne suit pas, quand il minimise les délais critiques…
il prend le risque de tout perdre.
Et c’est exactement ce qui s’est passé.
La mécanique de l’échec
À la date prévue pour la levée d’option de la promesse de vente, il n’était pas prêt.
Le financement n’était pas validé.
Et les conditions suspensives avaient été abandonnées, par excès de confiance.
Et le vendeur ?
Silence radio depuis plusieurs semaines.
Malgré une demande d’avenant pour prolongation, aucune réponse.
Un silence calculé.
Ce que le client ignorait, c’est qu’en coulisses, le vendeur avait reçu une offre plus haute, sans condition, immédiatement actionnable.
Et il n’attendait qu’une chose : l’échec de la levée d’option.
Ce jour-là, il n’a pas donné d’explication. Il n’a pas négocié.
Il a simplement dit : « C’est terminé. »
Une opération entière balayée en une phrase.
37 000 € de frais d'étude envolés.
Des mois de préparation jetés à la poubelle.
Tout ça parce que le bon contrat n’avait pas été choisi.
Et surtout, parce que les fondamentaux n’avaient pas été respectés.
Ce n’est pas un simple couac.
C’est un échec cuisant.
Et une leçon majeure pour tous ceux qui pensent qu’un bon projet suffit à faire une bonne opération.
Je vous raconte la suite.
Parce que ce cas concret mérite d’être analysé.
Et parce qu’il pourrait bien vous éviter, à vous aussi, de vivre ce genre de scénario.
Les erreurs à l’origine de l’échec
Revenons sur ce qui a fait dérailler l’opération.
Car le diable, comme souvent, se cache dans les détails.
Et dans ce dossier, plusieurs détails ont été négligés. L’un après l’autre.
Jusqu’à ce que l’ensemble s’écroule.
Pilotage déficient et manque de rigueur
Dès le départ, j’ai senti que le rythme n’était pas bon.
Chaque étape prenait du retard.
Le rétroplanning s’étirait, les pièces administratives arrivaient au compte-gouttes.
Et surtout, les relances que je faisais restaient sans réponse, ou traitées bien trop tard.
Le premier gros point noir, c’était le choix de l’architecte.
Mon client avait déjà signé une lettre de mission – un simple devis de deux pages – et versé l’acompte.
Pourtant, dès mon premier retour, j’avais insisté sur l’importance de ce choix : compétences, délais, attendus, coordination…
Évidemment, aucun de ces critères n’a été anticipé.
Les erreurs, les carences, ou l’absence d’éléments indispensables ont jalonné tout le dossier.
Ces erreurs de marchand de biens sont fréquente...
Une posture d’investisseur, pas d’opérateur
Le deuxième élément critique, c’était de traiter ce projet comme un « investisseur ».
Mon client, absorbé par son activité principale, n’a pas su dégager de temps pour cette opération.
Surtout, il a agit comme un investisseur locatif…
Sans prendre en compte les contraintes de la précommercialisation, pourtant essentielle pour un marchand de biens !
Un détail ? Non.
Un élément absolument bloquant.
À quelques semaines de la levée d’option, le projet était encore juridiquement incertain :
Permis de construire non purgé, préco non financée…
Et sans garanties sur ces points, aucune banque ne valide un prêt.
Choix d’un mauvais contrat : la promesse unilatérale
Et puis il y a eu cette erreur de casting contractuelle.
Le client avait signé une promesse unilatérale de vente, avec une date limite de levée d’option, non prorogeable sans l’accord du vendeur.
Un choix risqué.
Dans certains cas, pourquoi pas.
Mais pour monter une opération en VIR avec autant de paramètres à sécuriser – banque, urbanisme, précommercialisation – c’était tout simplement inadapté.
Et le vendeur dans tout ça ?
Certains diraient qu’il a été malin.
Moi, je dirais qu’il a surtout été calculateur.
Présent au début, il s’est progressivement effacé à mesure que la date fatidique approchait.
Plus aucune réponse aux e-mails. Aucun retour aux sollicitations. Rien.
Il savait ce qu’il faisait.
Il savait que l’opération traînait.
Et il avait déjà une autre offre ferme, au prix, sans conditions sous le coude.
Tout ce qu’il lui fallait, c’était laisser passer le délai, pour se dégager légalement de la promesse de vente.
Le piège s’est refermé doucement, sans bruit.
Jusqu’au jour où le couperet est tombé.
Et à ce moment-là, il était trop tard pour corriger le tir.
Ce que ce client a vécu, ce n’est pas une malchance.
C’est la conséquence logique d’un enchaînement d’imprécisions, de décisions mal calibrées, d’un manque total de suivi des intervenants.
Et c’est exactement le genre de scénario qu’on peut éviter…
À condition d’être rigoureux dès le départ
Deux enseignements clés pour réussir une opération de marchand de biens
Ce dossier m’a profondément marqué.
Bien sûr pour son issue malheureuse, mais surtout pour ce qu’il révèle.
Il montre que, même avec une bonne opération, un bon produit, un bon marché… tout peut basculer si l’exécution est négligée.
Et qu’il ne suffit pas d’être entouré. Il faut aussi écouter, suivre, agir au bon moment.
Je retiens deux enseignements essentiels de cette histoire.
Des règles simples… mais que trop d’opérateurs découvrent trop tard.
1 - Le choix du bon contrat n’est pas un détail.
Privilégier le compromis de vente
Signer une promesse unilatérale de vente, c’est jouer à quitte ou double.
Ce type d’engagement donne l’illusion d’un confort : on se laisse le choix, on « sécurise » l’option.
Mais en réalité, c’est un cadre juridiquement fragile, extinctif, limité dans le temps, qui repose entièrement sur votre capacité à lever l’option dans les délais.
Évidemment, si le vendeur est conciliant, on peut toujours négocier un avenant pour prolonger.
Mais cela reste à sa discrétion. Rien ne l’y oblige.
À l’inverse, le compromis de vente reste, à mes yeux, une solution plus équilibrée.
C’est un engagement réciproque, qui oblige les deux parties à aller au bout – sauf conditions suspensives non levées.
Et surtout, la date de réitération n’est pas extinctive, elle est exécutoire.
C’est là toute la différence.
Évidemment, chaque dossier est unique.
Mais dans une opération en VIR, avec des enjeux complexes (urbanisme, financement, préco,…), le compromis offre un cadre beaucoup plus protecteur.
(Je vous explique tout cela en détail dans un article dédié)
2. La rigueur n’est pas une option. C’est la clé.
S’imposer une rigueur de gestion projet
Tu peux avoir le bon bien, le bon montage, les bons partenaires…
Mais si tu n’assures pas un suivi au jour près, si tu ne maîtrises pas ton calendrier, si tu ne réagis pas immédiatement aux documents ou aux mails critiques…
Alors tu t’exposes à un échec.
Dans le cas de mon client, les défaillances ont été multiples :
- Architecte mal choisi, mal cadré, mal piloté
- Autorisation d’urbanisme déposée trop tard, non purgée
- Précommercialisation trop tardive, mal anticipée
- Dossier bancaire incomplet et en retard
- Zéro anticipation du juridique
Et pourtant, il avait été accompagné.
Averti. Guidé.
Mais à un moment, je ne peux pas le faire à la place du client.
Mon rôle, c’est d’alerter, d’organiser, de proposer des solutions, de transmettre l’expérience.Mais le pilotage quotidien, les décisions à temps, le respect des jalons… c’est la responsabilité de l’opérateur.
Et cette histoire, aussi dure soit-elle, doit servir d’avertissement à tous ceux qui veulent se lancer, ou passer un cap.
Se structurer pour réussir.
Aujourd’hui, je recommande à tous mes clients de considérer chaque opération comme une entreprise à part entière.
- Un rétroplanning précis
- Des points de contrôle réguliers
- Des intervenants choisis, cadrés, pilotés
- Une gestion documentaire fluide
- Et surtout : un suivi serré de chaque jalon critique
Dans une opération en VIR, les marges peuvent être belles.
Mais les contraintes sont nombreuses :
- Temps long
- Risques juridiques accrus
- Financement plus complexe
- Dépendance à la purge des recours
- Nécessité de sécuriser la commercialisation en amont
Bref, on ne peut pas se permettre d’improviser.
Ce que vous devez retenir.
Si je partage ce retour d’expérience, ce n’est pas pour pointer du doigt.
C’est pour prévenir, informer, faire gagner du temps à ceux qui avancent.
Cette opération aurait pu réussir. La marge était belle, les ventes étaient là.
Vraiment.
Mais il a manqué deux choses :
- Un cadre contractuel adapté
- Une exécution rigoureuse, pilotée comme un projet à haut niveau d’exigence
Et ce sont exactement ces deux leviers que je travaille avec mes clients pour éviter les classiques erreurs de marchand de biens, et pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs, sans se crasher en chemin.
Mes 3 conseils pour sécuriser vos futures opérations
Ce genre de situation, personne n’a envie de la vivre.
Perdre 37 000 €, voir un projet s’écrouler à cause d’un oubli, d’un mauvais choix contractuel ou d’un suivi mal maîtrisé…
Ça laisse des traces.
Mais la vraie question, c’est : comment éviter que ça vous arrive ?
Voici trois réflexes simples à intégrer dans votre méthode de travail, que vous soyez débutant ou expérimenté.
1. Structurez vos projets avec professionnalisme
L’immobilier, ce n’est pas de l’impro.
C’est du pilotage opérationnel, du juridique, du financier, du commercial… le tout en mode synchronisé.
Il vous faut un rétroplanning clair avec des jalons incontournables :
- Dépôt + purge de l'autorisation d’urbanisme
- Préco à x % à telle date
- Validation financement
- Signature acte définitif
- Suivi notaire / architecte / bureau d’étude…
Pas de calendrier « à la louche ».
Pas de “on verra quand ça avance”.
Du concret. Des dates. Des documents. Des relances.
Et si ce n’est pas votre point fort ?
Faites-vous accompagner par quelqu’un qui sait le faire (et c'est mon métier !).
Mieux vaut investir en amont que payer pour apprendre dans la douleur.
A titre d’exemple, sur un nouveau projet que j’accompagne, avec une revente sous le régime de la Loi Denormandie, le rétroplanning est divisé, en 12 sections avec 101 taches à effectuer !
2. Validez juridiquement vos contrats avant signature
Vous ne signez pas un compromis ou une promesse pour faire plaisir au vendeur ou au notaire parce qu’il en a l’habitude.
Vous signez un contrat engageant.
- Est-il vraiment adapté à votre montage ?
- Quels sont vos délais réels de purge, de préco, de financement ?
- Y a-t-il des marges de sécurité ?
- Que se passe-t-il si vous ratez une date ?
Faites-vous relire le projet d’acte avant signature, par un professionnel compétent (c’est aussi mon domaine d’intervention).
Et n’hésitez pas à refuser une clause déséquilibrée ou un montage trop tendu.
Un bon deal mal cadré devient vite un mauvais souvenir.
3. Soyez lucide sur vos capacités opérationnelles.
Se lancer dans une opération immobilière, c’est prendre un engagement personnel de rigueur.
Pas juste investir, mais piloter, décider, gérer les imprévus (et ils ne manquent pas !).
Si vous êtes déjà pris par une activité pro intense, si vous manquez de temps, de réseau ou d’expérience terrain, soyez honnête avec vous-même.
Il ne s’agit pas de renoncer, mais de vous structurer intelligemment.
Prenez le temps de vous poser les bonnes questions :
- Ai-je un temps dédié chaque semaine à ce projet ?
- Ai-je les bons outils et partenaires pour avancer efficacement ?
- Suis-je capable de réagir vite en cas de blocage ?
- Est-ce que je traite ce projet comme une priorité ?
💡 Le conseil de l’expert
🎯 Vous êtes marchand de biens ? Alors retenez ceci : chaque opération est un projet à part entière.
🚫 Trop d’opérateurs négligent les fondamentaux : contrat mal choisi, suivi approximatif, gestion désorganisée.
✅ Pour sécuriser vos opérations, adoptez ces 3 réflexes :
- Structurez votre projet comme une entreprise (rétroplanning, jalons, coordination)
- Validez chaque contrat avec un professionnel (notaire, conseil, avocat, Mdb Expérimenté ou AMDB comme moi !)
- Soyez lucide sur votre capacité à suivre (temps dispo, outils, niveau d’exécution)
📌 Un bon bien ne suffit pas. Ce qui fait la différence, c’est la rigueur, l’anticipation… et le bon cadre juridique.
Conclusion – Ce que vous devez retenir pour éviter les mêmes erreurs
Ces erreurs de marchand de biens ne sont pas rares, mais elles sont évitables…
Et vous, avez-vous déjà vécu ce type de tension dans un projet ?
Vous avez peut-être déjà connu un vendeur qui joue la montre.
Un partenaire qui disparaît au mauvais moment.
Un projet qui se grippe pour un détail mal géré.
Et si vous avez besoin de sécuriser un projet en cours, ou si vous préparez une opération en VIR ou en marchand de biens, contactez-moi.
On prendra le temps d’analyser votre projet pour identifier les points critiques et mettre en place des actions concrètes…
… à condition que vous soyez proactif !
P.S. Comment cela s’est terminé ?
Mal !
37 000 € de perdus en frais d’architecte, de diagnostics, de géomètre, conseils et autres.
Sans compter que le vendeur s’est mis à réclamer l’indemnité d’immobilisation.
Et les conditions suspensives me direz-vous ?
Il y avait bien l’urbanisme et le financement. Mais trop sûr de lui et malgré mes alertes, quand il a vu qu’il ne pouvait pas respecter les échéances, mon client a tout simplement fait des mails aux vendeurs pour dire qu’il y renonçait !
Petite consolation, dans sa débâcle, mon client avait créé une société dédiée à ce projet pour la signature de la promesse. Devant l'impossibilité de régler l’indemnité d’immobilisation, il a donc mis la société en liquidation.
Mais au final, avec les différents frais, la perte réelle a dépassé les 42 000 €.



Bonsoir Patrick
Merci pour la précision de l’article. Plus je m’intéresse au métier, plus je pense que c’est une activité qu’on ne peut faire qu’à temps plein ou 3/4 temps en raison du nombres de compétences nécessaires sur beaucoup de domaines. A moins d’être mentorer très très fort du début à la fin ou d’etre en asso en passager observateur.
En + plus sur de la VIR, l’opérationnel doit être encore plus lourd.
Cdlt
Oui Quentin,
Et même quand on y consacre un plein temps, si l’on n’est pas rigoureux et ordonné, les risques de dérives sont toujours là.
Et ils peuvent couter cher !